Les tablettes de chocolat, est-ce que ça poussent dans les arbres?
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| LE CÔTÉ NOIR DU CHOCOLAT... LE CACAO A UNE HISTOIRE AU GOÛT AMER QUI PREND, PEU À PEU, DES SAVEURS DE JUSTICE ! | ||||
L’histoire mondiale du cacao laisse un goût amer. Du breuvage sacré des Mayas et des Aztèques il y a plus de 2 600 ans, à la devise de convoitise des Conquistadores Espagnols au XVIe siècle, l’industrie cacaoyère internationale n’est guère plus reluisante de nos jours.
Encore aujourd’hui, l’ensemble des pays en développement est fortement dépendant de l’exportation de leurs matières premières, majoritairement des produits agricoles dont les prix sont particulièrement bas et faiblement rémunérateurs. C’est notamment le cas pour une trentaine de pays en développement ayant une économie reposant sur l’industrie du cacao, un secteur auquel plus de 14 millions de personnes contribuent. Après le sucre et le café, le cacao représente le troisième marché en importance pour l’échange international des matières premières dans l'industrie alimentaire.
Malgré la position dominante des pays producteurs de cacao sur le marché international, ces pays subissent une détérioration continue du pouvoir d’achat de leurs exportations. Entre 1960 et 2003, le prix de la fève de cacao a perdu plus de 60% de sa valeur. À l’autre extrémité de la chaîne de transformation, pourtant, le prix de vente d’une tablette de chocolat a connu une augmentation continue durant le dernier siècle. Le prix de la tablette de chocolat augmente en moyenne de 12% pour cette même période ! Cette disparité entre le prix d’achat et celui de vente illustre la dégradation des termes d’échange entre les pays producteurs et les pays consommateurs.
"La monopolisation du marché est l’exemple le plus frappant."
Trois pays, soit la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Indonésie, fournissent plus de 70 % de la production mondiale de cacao alors que six multinationales contrôlent 90 % du marché du chocolat en plus de dominer l’ensemble des activités de transformation, depuis le broyage des fèves jusqu’à la distribution des produits finis (tablettes, confiserie, etc.).
Pour des raisons multiples, les millions de petits agriculteurs sont désavantagés lorsqu'il s'agit de négocier avec les multinationales. En plus d’être dans une situation de dépendance vis-à-vis de leurs acheteurs, les producteurs ont accès à peu de ressources. Ne profitant ni d’un accès direct au marché ni d’un crédit abordable, les producteurs de cacao sont obligés de négocier avec des intermédiaires qui souvent leur offre un prix de vente représentant une fraction de la valeur réelle de leur récolte.

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Saviez-vous que ?
Les pays producteurs de cacao exportent leur récolte pour 2 milliards de dollars par an alors que les ventes réalisées par les fabriquants de chocolat dans les pays industrialisés atteignent plus de 60 milliards de dollars ?
Le cacao de par le monde : une culture symbolique
D’un continent à l’autre, des milliers de fermiers travaillent à la culture du cacao. Pour ces familles, leur ferme (et quelques fois leurs terres) sont leur seul avoir. Ils cultivent le cacao telle une culture de rente, c’est-à-dire un produit destiné à l’exportation. Les cultivateurs utilisent les parties non-vendues pour des fins personnelles. Par exemple, ils emploient la cabosse pour fabriquer du fertilisant, du savon et même de la nourriture pour les animaux. Partout où il est cultuvé, le cacao est symbolique pour des centaines de communautés. C’est une culture locale lourde d’histoire, parfois de honte, d’humilité… ou d’espoir !

La production principale de cacao se concentre essentiellement en Afrique de l’Ouest. Les principaux acteurs sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun. Ces pays produisent environ 70% de la production mondiale. L’Indonésie, le Brésil, l’Équateur, la République Dominicaine, la Malaisie, la Colombie et le Mexique sont également des acteurs importants.

Source: National Geographic, novembre 2002, p. 8-9
Le cacao, une saveur équitable
Sous l’égide de FLO (Fairtrade Labelling Organizations) International, les petits fermiers qui produisent du cacao certifié équitable ont la garantie qu’ils toucheront un prix minimum qui leur évitera de travailler à perte, ainsi qu’une prime sociale destinée à des initiatives socioéconomiques mises en place dans leur milieu.

Normes internationales du commerce équitable pour le cacao :
- Les producteurs ont de petites exploitations agricoles familiales regroupées en coopératives (ou associations) qu’ils détiennent et administrent eux-mêmes.
- Le prix minimal garanti est versé directement à la coopérative. Le prix plancher minimal est actuellement fixé à 1 600 $ US/Tonne Métrique (TM) pour le cacao conventionnel et 1 750 $ US/TM pour le cacao biologique. Lorsque le prix du marché mondial est supérieur à celui du commerce équitable, le prix du marché est payé aux producteurs en plus de la prime.
- Une prime sociale de 150 $ US/TM est comprise dans le prix d’achat et permet aux coopératives de faire des investissements socio-économiques dans des domaines comme l’éducation, la santé, l’équipement de transformation ou le crédit aux membres. Si le cacao est certifié biologique, la prime est de 200 $/TM en plus du prix du commerce équitable.
- L’application de normes environnementales limite l’utilisation de produits chimiques et favorise l’écoagriculture. Une coopérative qui le demande peut obtenir une marge de crédit avant récolte atteignant 60 % du prix d’achat.
- Le travail forcé est interdit, y compris le travail des enfants.
Le monde du cacao…
La cabosse, le fruit du cacaoyer, a environ la taille d’un ballon de football; elle contient de la pulpe et des fèves blanches humides qui sont séchées, torréfiées puis concassées. On soumet souvent les fèves à un procédé d’alcalinisation pour en faire ressortir la couleur et la saveur et les réduire ensuite en liqueur de cacao, laquelle pourra être pressée pour donner du beurre de cacao, de la poudre de cacao ou, après avoir été mélangée à d’autres ingrédients, du chocolat. La croissance de l’arbre se poursuit sur une longue période. Le cacaoyer prend 10 ans pour atteindre son plein rendement.
Une boîte de cacao achetée au supermarché représente la production d’une année complète pour un cacaoyer.
Les premiers à consommer des fèves de cacao furent les Olmèques du Mexique (vers 1 000 av. J.-C.); les Mayas et les Aztèques les ont ensuite cultivées.
La tablette de chocolat a été inventée en Angleterre au milieu du XIXe siècle.
90 % du cacao de la planète est cultivé dans de petites fermes familiales de 5 hectares ou moins.
Du cacaoyer à vos tablettes au Canada
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Le cacao équitable est disponible au Canada depuis 2002. Produits très variés : lait au chocolat, desserts glacés, chocolat chaud, gâteaux, tablettes de chocolat, confiseries, etc. |
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Le cacao certifié équitable que l’on retrouve sur le marché canadien est majoritairement cultivé par 16 organisations de producteurs, lesquels représentent 50 000 producteurs dans 11 pays, dont la République Dominicaine, le Ghana, le Pérou, le Cameroun, la Bolivie et la Côte-d’Ivoire. |
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Au Canada, il se consomme en moyenne 5,5 kg de chocolat par personne chaque année. Au Québec, les produits transformés issus du cacao sont les deuxièmes aliments d’exportation en importance, juste après le porc. En 2001, la Belle Province a exporté des produits du cacao pour une valeur de 315 millions de dollars. Ceci équivaut trois fois la valeur des exportations des produits de l’érable. (Équiterre) |
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Source: CNUCED







