Le sucre au goût du jour
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| Les sucres certifiés équitables présents sur le marché canadien se retrouvent dans différents produits composés. Cette catégorie inclut les produits suivants (liste non exhaustive): sucre, chocolat, miel, biscuits, confitures, compotes, sirops, jus, breuvages sucrés, crèmes glacées, produits pour le soin de la peau, etc. | ||||
Le sucre est omniprésent ; il est produit et consommé partout sur la planète. Offert sous diverses formes, le sucre apporte une grande variété de saveurs et textures aux recettes et produits de toutes sortes. Qu’il serve à adoucir le goût acidulé d’une sauce tomate, confectionner des desserts, des bonbons et caramels ou encore à préparer des boissons chaudes, énergisantes ou du champagne, le sucre est partout; il se cache dans d’innombrables aliments composant notre alimentation quotidienne. Si l’ingrédient est symbole de douceur pour plusieurs, la filière sucrière internationale demeure chaotique et instable pour les millions de producteurs.
Le sucre, d’où ça vient ?Le sucre est le résultat d’un processus de transformation. Il est obtenu à partir de la betterave sucrière au Nord et de la canne à sucre au Sud. Tout comme le sont le cacao, le thé, le café ou la banane, le sucre représente une source de revenus pour des millions de petits producteurs à travers le globe. Le sucre de canne est essentiellement cultivé dans les pays de la zone tropicale et subtropicale, alors que le sucre de betterave provient de climats plus tempérés. À titre d’exemple, le Brésil est le premier producteur de sucre de canne et l’Union Européenne se classe en tête de liste dans la culture de la betterave destinée à l’industrie sucrière. Bien que la majorité des pays producteurs soit spécialisée dans l’une ou l’autre des cultures, certains pays évoluent dans les deux sphères, les États-Unis étant l’exemple le plus éloquent. |
Commerce international du sucre : une chute qui fait mal
Le nombre élevé d’interventions gouvernementales influence autant les marchés intérieurs que l’économie mondiale du sucre. Les fluctuations du marché affectent les producteurs dans plus de 130 pays. À l’échelle globale, la production atteint environ 150 millions de tonnes, lesquelles proviennent majoritairement (65-70%) de la canne à sucre. Le reste de la production mondiale est issue de la betterave. Bien que la production et la consommation croissent annuellement, l’offre globale du sucre de canne excède la demande depuis une dizaine d'années. Les pays développés cultivant la betterave ravissent progressivement la place des producteurs du Sud.
PRODUCTION DE SUCRE ET PROJECTION

De ce fait, les cours du sucre sont au plus bas, mettant en danger la pérennisation de la culture de la canne dans de nombreux pays où les coûts de production sont élevés par rapport aux seuils de production. L’exportation de sucre revêt une importance économique capitale pour de nombreux pays en développement qui en sont producteurs. Or, l’émergence de nouveaux producteurs de betteraves dans les pays développés subventionnés à coup de milliards mène les pays en développement dont l'économie dépend du marché de la canne à sucre tout droit vers une chute vertigineuse. Le précipice est abrupt : en moins de 20 ans, la valeur des exportations dégringole rapidement, passant de 9,8 milliards de dollars en 1980 à 6,4 milliards de dollars en 2001 .
PRIX DU SUCRE

Le sucre à la table des négociations!
Les récentes pourparlers de l’Organisation mondiale du Commerce ne semblent pas amener les résultats escomptés; les prix sont plus instables que jamais. Pire, aucune des politiques agricoles et réformes proposées n’a eu d’effets notables. Les volumes de production augmentent. Les cours de la bourse tombent. Les millions d’agriculteurs et de travailleurs de plantations cultivant la canne à sucre se heurtent à des obstacles majeurs pour gagner leur vie dans des conditions convenables: prix bas et volatiles sur le marché mondial, exploitation de la part de propriétaires de plantations et de moulins, ainsi qu’une grande vulnérabilité aux désastres naturels. Comme le sucre est également produit par des pays développés, lesquels subventionnent et protègent l’industrie sucrière, la production exige des coûts compétitifs, ce qui s’avère un enjeu crucial dans la culture de la canne à sucre pour les agriculteurs des pays du Sud. Vivre de leurs productions est une réalité qui fait aujourd’hui rêver ! Plusieurs gouvernements interviennent drastiquement en vue d’incliner les échanges commerciaux en leurs faveurs. En termes réels, le prix du sucre, lequel fluctue aux rythmes des cours de la bourse, a chuté de 76% entre 1980 et 2000. Certains pays sont fréquemment pointés du doigt pour maintenir des prix intérieurs élevés, et cela, même si les cours mondiaux demeurent faibles depuis plusieurs années.
Les distorsions des échanges internationales limitant le développement du commerce et de la croissance sont colossales : politiques commerciales contraignantes, maintient des prix de référence, contingents tarifaires, droits de douanes, etc. Les subventions octroyées par les pays de l’OCDE afin de supporter leur production intérieure équivaut à 50% de la valeur totale du commerce mondial du sucre !
Valeur commerciale du sucre et les perspectives de croissances en perte de vitesse
L’émergence de nouveaux producteurs et la hausse du volume de production globale ne sont pas les seuls facteurs freinant la croissance du secteur de la canne à sucre. L’usage accru de substitution, comme les édulcorants ou le sirop de maïs, a diminué la demande en sucre. Les faibles prix offerts aux producteurs de canne à sucre ont de graves conséquences pour les familles productrices. La pauvreté gagne du terrain. Les revenus générés par la canne à sucre ne permettent plus de défrayer les besoins essentiels. Beaucoup de petits producteurs n’arrivent plus à couvrir les coûts d’éducation pour leurs enfants, les soins de santé et l’achat de produits alimentaires. Simultanément, les conditions de travail dans les plantations se détériorent, les travailleurs saisonniers étant particulièrement affectés.
Commercer équitablement le sucre - Quelques normes internationales
Sous l’égide de FLO, (Fairtrade Labelling Organizations International), les producteurs de sucre certifié équitable sont garantis d’un prix minimum pour chaque tonne métrique ainsi qu’une prime sociale qu’ils utilisent dans des projets de développement communautaire.
- Les producteurs sont regroupés dans des coopératives (ou associations) qu’ils gouvernent et administrent démocratiquement.
- Le prix minimal garanti et la prime sont versés directement aux coopératives étant propriétaires de leur propre moulin à sucre.
- L’application des normes environnementales limite l’utilisation de produits chimiques agricoles et favorise la durabilité.
- Une coopérative qui le demande peut obtenir une marge de crédit avant récolte atteignant 60 pourcent du prix d’achat.
- Une prime sociale est payée directement à la coopérative et permet de faire des investissements socioéconomiques dans des domaines tels que l’éducation, les services de santé, l’équipement de transformation et les prêts accordés aux membres.
Le temps des sucres
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L’industrie du sucre est gigantesque : 150 millions de tonnes de sucre sont produites chaque année sur des millions de fermes et plantations. Environ 127 pays sont impliqués dans la production de sucre. |
| La canne à sucre est une longue herbe verte qui peut atteindre de 2,5 à 4,5 mètres de hauteur. Le sucre est produit à partir de la canne à sucre et de la betterave. Plus de 75 % de la production mondiale du sucre provient de la canne à sucre. | ![]() |
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Le jus sucré qui se trouve à l’intérieur de la tige est extrait, bouilli et raffiné pour former le sucre. La canne à sucre a été découverte pour la première fois sur des îles du Pacifique Sud, il y a environ 20 000 ans. C’est en Inde, en l’an 500 av. J-C., que le sucre brut fut extrait de la canne à sucre. Depuis, la technologie pour la production de sucre s’est progressivement répandue autour du monde. |
| On estime qu’entre 4 et 7 millions d’Africains ont été transportés dans les plantations de canne à sucre au Brésil et dans les Caraïbes. La culture de la canne à sucre est majoritairement dominée par l’Empire britannique jusqu’à l’abolition de l’esclavage par le Royaume-Uni au XIXe siècle. |
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Plusieurs études corroborent une relation directe entre le développement économique, le niveau de vie, les habitudes alimentaires… et la consommation de sucre ! De nos jours, les gens consomment en moyenne 39 kilogrammes de sucre par année au Canada et 17 kg par année dans les pays en développement. |
| Le sucre existe sous différentes formes : blanc, doré, brun, cristallisé, sucre en pain, liquide, sirop. Il est généralement transformé en raffinerie pour l’exportation et vendu sous forme de sucre brut ou de sucre blanc. | ![]() |
Les Canadiens : des consommateurs au bec sucré!
Le sucre conventionnel sur le marché canadien - L’industrie sucrière au Canada s’est affaiblie dans les 20 dernières années. Durant cette période, près de la moitié des usines de raffinement ont fermé leurs portes. Malgré cette diminution de la transformation en sol canadien, l’industrie est toujours présente. Quatre raffineries de sucre sont toujours actives. Deux usines sont présentes au Québec, soit à Montréal et à Québec, une à Toronto (Ontario), à Vancouver (Colombie-Britannique) et à Taber en Alberta. 90% du sucre raffiné au pays provient de la canne à sucre importée des pays en développement. Le sucre est aujourd’hui un ingrédient incontournable dans la production industrielle de nombreux aliments. En 2002, le Canada en importe pour plus de 310 millions de dollars CAN.
FABRICANTS DE SUCRE "CONVENTIONNEL" AU CANADA
Source: Institut canadien du sucre
Le sucre certifié équitable est vendu au Canada depuis 2001. Dans tout le pays, détaillants et consommateurs ont maintenant le choix entre une variété de marques de sucre en plus de produits tels que la crème glacée, le chocolat, les confiseries et les pâtisseries et une myriade d'autres produits transformés. Le sucre certifié équitable est cultivé par 23 organisations du Belize, d'Équateur, du Paraguay, du Costa Rica, de la République Dominicaine, de la République de Maurice, du Malawi, des Philippines et de Zambie, représentant plus de 10 000 agriculteurs et leurs familles.










