U.G.P.P.K.
Karité : à qui l’argent du beurre ?
Sur la scène mondiale, le Burkina Faso connaît un faible développement économique. Par ailleurs, depuis plusieurs années, des micro-économies émergent dans certaines communautés. « L’or vert » des femmes burkinabés est leur fierté; le karité, un arbre fruitier de l’Afrique de l’Ouest, est le troisième produit national qui rapporte des devises étrangères.

Le beurre de karité est souvent qualifié de « produit miracle »; il protège, soigne et hydrate la peau, les cheveux et les lèvres. Il peut également être utilisé pour masser et soulager les muscles. Malgré les vertus exceptionnelles de ce produit et ses dérivés, le beurre de karité resta, pendant de longues années, inconnu des Occidentaux. Les productrices, généralement des femmes et pour la plupart analphabètes, se heurtèrent à de grandes difficultés pour accéder au marché international. Des centaines de Burkinabès productrices de beurre de karité, l’une des seules pratiques génératrices de revenus pour les femmes, étaient limitées au marché local.
La voix des femmes pour l’environnement
En plus du manque de crédibilité de ces femmes vis-à-vis les clients internationaux, ces Burkinabès doivent défendre leur environnement. En 2004, 80 % du bois et du charbon de bois qui alimentent les villes d’Ouagadougou et de Koudougou provenaient du Centre-Ouest. Les femmes assistent, impuissantes, à la coupe sauvage du karité, à l'avancée de la désertification et à la disparition de leur culture. L’arbre du karité joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème local.

Afin de renforcer leurs compétences, assurer une gestion durable du karité, et une production compétitive, 18 groupes de femmes se sont jointes pour former l’Union des Groupements de Productrices de Produits de Karité. U.G.P.P.K. est une coopérative de femmes basée dans la région de Sissili et du Ziro au Burkina Faso. Aujourd’hui, 67 groupements féminins composent la coopérative. U.G.P.P.K. vise à accroître le revenu de ces femmes tout en renforçant leur position dans le réseau du karité. De 2006 à 2008, la capacité de production annuelle a presque doublée, passant de 81 à 150 tonnes de beurre de karité.
Une solidarité d’une rare beauté…
Ce produit est le moteur d’une solidarité d’une rare beauté. Les femmes membres d’U.G.P.P.K. luttent pour transmettre leur savoir et promouvoir le beurre de karité. Grâce à la certification équitable, ces femmes ont trouvé leur place dans l’économie mondiale. La voie du commerce équitable guide leurs pas.

Impacts du commerce équitable
Alors qu’un kilo de beurre conventionnel se vend 0,60$, les productrices reçoivent le double, voire le triple dans le système du commerce équitable. Sur le marché international, les femmes reçoivent 2,80$ par kilo pour le beurre équitable, comparativement à 1,15 $/kilo pour le beurre conventionnel.

Une prime supplémentaire de 0,30 $ pour chaque kilo vendu est aussi distribué aux membres de U.G.P.P.K. Cette prime est répartie de la façon suivante : 40 % est destinée à l'alphabétisation, 20 % au parrainage des orphelins, 10 % pour la préservation de l'environnement et 30 % pour contribuer au relèvement de l'autonomie financière des femmes en milieu rural.
La prime a été également employée à :
- l’achat d’équipement pour traiter les noix de karité et fabriquer le beurre dans les villages;
- la mise en place d’un programme de lutte contre l’analphabétisme au sein des membres de l’Union;
- l’achat de matériel scolaire pour les enfants orphelins du VIH/SIDA ;
- l’ouverture de deux centres d’alphabétisation (plus de 800 femmes ont reçus de la formation);
- la mise en place d’un programme pour améliorer la productivité et l’hygiène dans la production du beurre de karité (plus de 2000 femmes ont déjà bénéficié des formations) ;
- la création de parcs à karité par l'U.G.P.P.K. Cette institutionnalisation répond aux soucis de valoriser les réserves naturelles, de protéger l'arbre et sauver les richesses naturelles des femmes.
Sources externes


