Coopérative agricole du Kénédougou (COOPAKE)
La Coopérative agricole du Kénédougou (COOPAKE) est une organisation de producteurs de mangues propriétaires de terres dans la ville d’Oradara au Burkina Faso. COOPAKE figure dans le paysage commercial de la mangue depuis près de 50 ans. Elle est l’une des premières coopératives au Burkina.
Depuis sa fondation en 1963, COOPAKE a connu des hauts et des bas. Les premières expériences des producteurs ne furent pas toujours couronnées de succès. En raison de problèmes d’ordre logistique, des conditions du marché et la méconnaissance des pratiques commerciales, la mangue pourrissait à l’usine ou au marché local d’Oradara, faute de débouchés de ventes extérieures. Malgré les conditions difficiles du marché. COOPAKE passe à travers les décennies. Actuellement, elle compte 163 membres producteurs exploitant plus de 1 400 hectares. Les membres de COOPAKE cultivent suffisamment de mangues pour fournir la coopérative. Les mangues sont transformées dans les unités de séchage de la COOPAKE et sont destinées à la vente sur le marché national et international.
La voie de COOPAKE
Au début des années 2000, les producteurs membres de COOPAKE entrent dans une période de transition : ils modifient leur culture pour adopter des pratiques environnementales, plus vertes. Les burkinabè souhaitent satisfaire les critères pour obtenir la certification biologique. En 2005, la coopérative est accréditée. C’est un vent nouveau qui souffle sur l’organisation, car de nouveaux marchés s’ouvrent à eux. Dans cette même lancée, elle reçoit la certification équitable de FLO en 2007 pour ses mangues séchées.
On retrouve la mangue sur les étalages de nos marchés à longueur d’année. De septembre à janvier, la « pêche des tropiques » provient du Brésil, alors qu’entre les mois de mars à juillet, elle est importée de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Comme les autres fruits exotiques, la mangue est récoltée quelques temps avant sa complète maturité afin qu’elle poursuive sa maturation sur les étalages et dans nos paniers à fruits. Toutefois, les quelques pays dominant le marché international pour l’exportation de la mangue ne sont pas les seuls producteurs. En effet, 89 pays cultivent la mangue, autant pour la consommation locale que l’exportation, bien que la plupart d’entre eux commercialise le produit uniquement dans les pays limitrophes. Le volume annuel mondial de production de mangues se chiffre à 26,3 millions de tonnes chaque année, ce qui lui vaut le 6e rang en termes d’importance parmi les fruits les plus produit au monde. Ainsi, la mangue figure derrière la banane, le raison, l’orange, la pomme et la banane plantain.
Plus de 1 000 variétés de mangues sont cultivés, bien qu’une dizaine uniquement soit vendue sur le marché extérieur, les plus connues étant l'Amélie, la Kent, le Keitt et la Tommy Atkins.
2008, une année difficile pour COOPAKE
Les nombreux vergers caractérisant la province de Kénédougou, parmi ceux-ci le populaire verger de Orodara, ne font pas course seuls. En effet, le pays voisin, le Mali, produit également des mangues destinées à l’exportation dans le territoire du sud-est, une région limitrophe au Burkina étant particulièrement actif dans cette activité. En raison d’évènements passés, les deux régions se partagent, ou plutôt se disputent, les mêmes marchés pour l’exportation.
En 2008, la coopérative COOPAKE analyse la situation et change sa stratégie de vente : avant de cueillir les mangues, ils vont attendre que les prix augmentent jusqu’au niveau de l’an dernier, une année record! Or, les producteurs d’Orodara se font prendre à leur propre jeu : alors qu’ils attendent la hausse des prix de vente sur le marché international, les producteurs maliens s’emparent du marché et livrent déjà leurs mangues. À ce moment de l’année, le Mali monopolise les acheteurs étrangers. Alors que les exportateurs prévoyaient s’approvisionner des mangues produites au Burkina Faso pour une courte période de trois semaines, les producteurs burkinabè se sont trouvés sans acheteurs, car ceux-ci espéraient toujours que les prix gonflent dans les semaines suivantes. Plusieurs producteurs ont dû se satisfaire de bas prix, voire jusqu’à la moitié de ce qu’ils espéraient recevoir au début. Cette fâcheuse situation n’est pas survenue sans raison : les difficultés organisationnelles des producteurs d’Oradara entraînent des conséquences négatives. Le coordonnateur de la COOPAKE accuse cette débâcle et ces mauvaises stratégies serviront de leçons pour les années à venir.
Impacts du commerce équitable
De meilleurs prix
En janvier 2008, le prix minimum du commerce équitable au niveau FOB payé à COOPAKE était de 6,40$ EURO par kg. En plus du montant garanti aux producteurs, ceux-ci recevait à cette même date une prime du commerce équitable de 0,40$ EURO par kg. Si l’on compare ces chiffrent avec les montants que la coopérative reçoit lorsqu’elle vend sa production sur le marché traditionnel, on réalise que COOPAKE reçoit deux fois et demi plus d’argent pour les mangues fraîches.
Du nouveau chez COOPAKE
Leur nouveau produit, les mangues séchées, fait boule de neige puisqu’il répond aux besoins des acheteurs. Les mangues séchés en format collation ou familial sont une bonne alternative santé aux casse-croûtes habituels. Les mangues séchées certifiées équitables se positionnent comme une valeur sûre pour la coopérative; ce produit ne risque pas de pourrir dans les conteneurs de transports. La transformation de mangues est une activité rentable pour les producteurs. Dans la dernière année, la coopérative a investi la prime du commerce équitable dans l’installation de séchoirs supplémentaires afin d’augmenter le volume et améliorer la qualité des mangues. Lors de l’Assemblée des membres, il fut également décidé d’utiliser les excédents de la prime pour acheter des bicyclettes. Celles-ci facilitent les déplacements des travailleurs ainsi que de leurs familles.
