Manduvirá

La région d’Arroyos y Estoros, située dans le sud-est du Paraguay, est isolée. En dépit d’un climat et d’un type de sol propices à l’agriculture, l’insuffisance de revenus fiables a forcé beaucoup de fermiers à vendre leur terre et de déménager en ville à la recherche d’un travail. Parallèlement, de nombreux producteurs de sucre du Paraguay se sont tournés vers d’autres productions au cours des dernières années.
Production de canne à sucre au Paraguay chez des coopératives du commerce équitable
35 ans d'histoire...
En 1975, environ 200 agriculteurs paraguayens se réunissent pour trouver une alternative à leur situation économique précaire; les cultivateurs font face à de graves problèmes financiers entre janvier et juin, une période communément appelée « El tiempo muerto », c’est-à-dire « la saison morte ». Non seulement les revenus de la moisson de la saison précédente s’épuisent durant cette période, mais les prix alors perçus couvrent à peine les frais de production endossés par les petits producteurs.
La coopérative Manduvirá est fondée en 1975 dans le but de soutenir les petits agriculteurs à commercialiser la culture de la canne à sucre. Chaque producteur possède en moyenne 3 hectares de terre. Bien que la canne à sucre soit la production principale, plusieurs fermiers cultivent également des fruits et légumes qu’ils vendent sur le marché local.
Jusqu’en 2005, la coopérative vendait sa production à Otisa, l’une des plus grosses usines de transformation de canne à sucre du pays. Cette même année, Manduvirá décide de mutualiser ses ressources pour avoir sa propre unité de transformation. Cette démarche de production intégrée leur permet de réduire leurs coûts, de mieux maîtriser les processus de fabrication et de contrôler la qualité. Avec ses 30 ans d’expérience, la coopérative possède la connaissance et l’expertise requises pour veiller au processus complet de sa propre production de canne à sucre et en assurer l’exportation. À ce jour, quelques compagnies canadiennes font affaires avec Manduvirá.

Impacts du commerce équitable
La certification équitable des produits de Manduvirá a été le moteur d’un développement économique qui ne cesse de croître. Les impacts se font sentir sur tous les fronts. La coopérative entretient des contacts directs avec tous ses partenaires, particulièrement avec ses importateurs qui les gardent informés des fluctuations des prix du marché. L’accès accru à l’information renforce leur puissance de négociation. Les membres réalisent que leur voix peut se faire entendre, car le pouvoir d’une organisation démocratique garantit une meilleure représentation de leurs intérêts et besoins.
De plus, la moitié de la prime du commerce équitable est versée directement aux membres. Cette initiative, prise par le comité d’administration de la coopérative, a été la solution adoptée pour pallier aux difficultés de la saison creuse entre les deux moissons. Cet argent leur permet de subvenir à des besoins élémentaires tel se nourrir, envoyer leurs enfants à l’école, réparer leurs maisons et assurer un accès à l’eau potable.
La prime du commerce équitable bénéficie également à la communauté. À titre d’exemple, l’un des projets financés par la prime fut la construction d’un centre médical. La coopérative paie un docteur, deux dentistes, deux travailleurs de la santé et les analyses en laboratoire. 20% des coûts de consultation sont défrayés par les membres de Manduvirá. Ces services de santé s’avèrent une solution concrète, une voie vers le développement. Le commerce équitable contribue à augmenter le niveau de vie de cette communauté de jour en jour. D’ailleurs, l’un des dentistes a signalé que la promotion de l'hygiène dentaire a permis une réduction apparente des problèmes de santé.
La prime a été également employée à :
- l'achat de machines agricoles;
- l'achat d'ordinateurs;
- payer des formations aux fermiers et aux jeunes à propos du commerce équitable et plus généralement du fonctionnement des organisations coopératives;
- l'achat un terrain en vue de la construction d’un centre d’étude et la mise en place d’une pépinière.
En 2006, la coopérative obtient la certification biologique. Grâce à la prime du commerce équitable versée par FLO, Manduvirá accumule un capital qui lui a permis, entre autre, de payer les équipements nécessaires et les droits de licence pour se conformer aux standards biologiques.
