À propos du coton

Parmi les gens les plus pauvres de notre planète, il y a 40 millions de petits agriculteurs. À eux seuls, ils produisent plus de 60 % de la production mondiale du coton.

Pourquoi les producteurs de coton restent-ils pauvres? 

Plusieurs producteurs de coton vivent sous le seuil de pauvreté. Les taux élevés d’analphabétisme et l’accès à la propriété foncière limité contribuent à cette pauvreté. Des intermédiaires achètent souvent leur coton à des prix inférieurs aux coûts de production. 

À ces pratiques tarifaires déloyales s’ajoutent des coûts de production croissants, une fluctuation de la valeur marchande et des rendements en baisse. Les agriculteurs se heurtent également aux ravages causés par les changements climatiques, à l’inflation du prix des denrées alimentaires ainsi qu’à l’insécurité alimentaire. Par exemple, une petite ferme de coton ouest-africaine de 5 à 12 acres doit générer suffisamment de revenus pour couvrir les nécessités de base tels la nourriture et les soins de santé, les frais de scolarité ainsi que les sommes nécessaires à l’achat des semences et d’outils. Une légère baisse des prix peut avoir de sérieuses conséquences chez les producteurs et nuire à leur capacité de répondre à ces besoins. En Inde, on a vu des producteurs qui, en désespoir de cause, ont mis fin à leur vie suite à un sérieux endettement. Il n’est pas rare que des producteurs indiens aient recours à des prêts assortis de taux élevés pour faire l’achat d’engrais et de fournitures agricoles. La complexité des chaînes d’approvisionnement du coton et du textile fait en sorte que les agriculteurs ont peu de pouvoir de négociation et une faible capacité à négocier de meilleurs prix.

À ces problèmes qui affligent la majorité des petits agriculteurs, s’ajoute la distorsion du marché mondial du coton. Celle-ci est due à des subventions octroyées à des producteurs de coton situés au cœur de puissances économiques comme les États-Unis et l’Union européenne. Au cours de la période 2010-2011, les producteurs de coton de l’Union européenne ont profité d’une aide directe de 368 millions $ tandis que ceux des États-Unis ont eu droit à une aide directe de 319 millions $. Ces énormes subventions diminuent le prix mondial du coton et de la même façon permet aux États-Unis d’exporter son coton à un coût moindre que celui du coton produit en Afrique de l’Ouest ou en Inde.

Fairtrade peut-il améliorer les choses? 

Fairtrade travaille de concert avec des petits agriculteurs de coton en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Fairtrade aide à mettre sur pied des organisations appartenant à des agriculteurs plus résilients. Ceci est important, car les agriculteurs peuvent accomplir beaucoup plus lorsqu’ils se regroupent. Il est ainsi plus facile de négocier de meilleurs prix avec les commerçants et d’appuyer les communautés. 

En établissant des normes économiques, sociales et environnementales, Fairtrade encourage une production du coton durable. Fairtrade est le seul système de certification à offrir des avantages économiques. Ceux-ci se présentent sous la forme d’un prix minimum garanti Fairtrade et sous la forme d’une prime Fairtrade qui peuvent être investis dans les communautés ainsi que dans le développement commercial. Au cours de 2013-2014, plus de 22 organisations d’agriculteurs réparties dans sept pays ont obtenu leur certification Fairtrade pour la production de leur coton et les primes qu’on leur a versées totalisent près de 1 400 000$. Les agriculteurs ont investi une grande part de cette somme dans les infrastructures communautaires et dans les services éducatifs communautaires.

Grâce à l’appui de Fairtrade, la vie de milliers de producteurs de coton a déjà été améliorée. Les coopératives de coton sont dorénavant mieux organisées, leur production est à la hausse et les agricultrices reçoivent les mêmes avantages que les agriculteurs – du droit de vote jusqu’aux salaires égaux. Une étude sur les impacts effectuée en 2012 (en anglais seulement) a noté que les normes Fairtrade ont des effets positifs sur l’égalité des sexes. L’étude souligne que les exigences découlant des normes Fairtrade ont encouragé plus de femmes en Afrique centrale et de l’Ouest à cultiver le coton ce qui en retour leur ont procuré une plus grande influence au sein de leur maisonnée.

Selon les mots de G S Rao, Coordonnateur national en Inde du CHETNA Organics certifié Fairtrade « Il ne s’agit pas de charité lorsque l’on achète un vêtement commercialisé de manière équitable. Il s’agit plutôt d’une déclaration positive vers la réalisation de notre engagement envers tous ceux à qui incombe la responsabilité de ce vêtement. Grâce à Fairtrade, CHETNA est en mesure de porter une plus grande attention aux institutions agricoles ainsi qu’au développement des capacités des agriculteurs en matière de gestion et d’autonomie financière. Les autres certifications ne misent pas sur la mise en place d’institutions de producteurs même si c’est là que réside la clé d’une viabilité à long terme. Lorsque l’on met en place des institutions d’agriculteurs, l’implication des femmes croît lentement, malgré qu’il reste un long chemin à parcourir ».