Neuville célèbre sa Fête du maïs sous un air équitable
Louis-Maxime Renaud —Août, 2010
À chaque année à la fin août, début septembre, les citoyens de Neuville attendent impatiemment un événement qui en rassemble plusieurs : la traditionnelle fête du maïs. Pour 2010, la municipalité a innové avec la notion d’achat local. En effet, les responsables d’un projet ambiteux ont profité du 28 août dernier pour dévoiler une nouvelle nomination pour la région. Dorénavant, Neuville sera désignée comme Ville Équitable.
Pour l’investigatrice du projet, Renée Delisle, il s’agit de la concrétisation d’un travail de longue haleine : « Bien que nous ayons reçu la certification le 31 mars, c’est aujourd’hui que nous officialisons la « Neuville équitable ». Il faut se souvenir que nous avons quand même 64 commerçants ici, et que le monde ne le sait pas nécessairement. Ce concept incitera sans aucun doute la population à consommer d’avantage sur son territoire... c’est primordial pour la dynamisation du coin à long terme. », a-t-elle exprimé en précisant que Neuville est la deuxième municipalité au Québec à obtenir ce titre.
Rappelons que cette appellation est octroyée par TransFair Canada. Cet acteur de la scène mondiale qui existe depuis 1994 a pour rôle de faire la promotion du commerce équitable auprès des détaillants, des potentiels acquéreurs et du public en général. L’organisation internationale permet également à des importateurs ou à des grossistes de se doter du fameux label. Les licences en question sont accordées seulement si des normes très strictes (comme des employés payés avec des salaires décents) sont respectées. Mais un volet touchant l’achat local fait aussi partie des conditions à honorer pour être reconnu par TransFair Canada ; c’est de cette manière que Neuville a pu s’inscrire à la démarche très sociale proposée par l’organisme.
Pour décrocher cette reconnaissance, la ville a été dans l’obligation de suivre à la lettre bon nombre de points. Un de ceux-ci stipule que le milieu, autant communautaire que religieux par exemple, doit s’impliquer dans le dossier. Un des autres contrats à réaliser se traduit par la naissance d’un groupe de personnes qui porte le flambeau de cette idéologie communautaire. La municipalité avait donc le sien : le Comité pour l’achat neuvillois et équitable (CANÉ). Ses membres devaient entre autres, s’assurer d’une couverture médiatique importante en plus de garantir l’engagement des commerçants, ainsi que des autorités locales.
Selon le maire de Neuville, Bernard Gaudreau, ce projet devenu réalité sera perçu comme un modèle à suivre pour d’autres agglomérations : « Avant d’en arriver au constat d’aujourd’hui, il y avait du chemin à parcourir, mais on y est arrivé. Il faut savoir qu’à la base, nous devions obtenir 500 signatures de citoyens pour présenter nos visées à TransFair Canada, et la réponse des gens a été extraordinaire. Bref, je suis convaincu que si on a été capable d’être désigné comme une Ville Équitable, d’autres peuvent accomplir le procédé haut la main! », a-t-il clamé en indiquant qu’il n’achetait que du café Équitable pous ses employés.
Le reste de la journée s’est déroulé sous les rires sincères des curieux venus profiter des activités. Le blé d’inde était évidement à l’honneur ainsi que le soleil qui s’était invité pour épicer les festivités. Les jeunes pouvaient également jouir de quelques jeux gonflables pendant que leurs parents s’amusaient au lancé du fer à cheval, le tout sous des airs musicaux les plus entraînants les uns que les autres.
La jeune pénélope Gaudreau savoure le maïs de Neuville.

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