Nuevo Mundo
C’est une situation bien connue : pendant des décennies, le secteur de la banane en Équateur fut dominé par des sociétés de bananes conventionnelles de production telle que Noboa (marque Chiquita) et Dole.
Ces compagnies sont pointées du doigt et mises au banc des accusés, blâmées pour tous les maux. Malgré les virulentes critiques circulant sur les mauvaises conditions de travail des fermiers et les violations des droits humains, la plupart de ces compagnies transnationales ont mises en œuvre des pratiques innovatrices, notamment dans le domaine de la production afin d’augmenter les volumes de production. Certains projets proposent d’inclure les travailleurs et les petits agriculteurs. Chaque fois que ces programmes ont été mis en place, un faux sentiment d’harmonie dominait les relations dans les milieux de travail, créant des tensions entre les travailleurs syndiqués et les dirigeants des sociétés ont été créés entre les travailleurs des syndicats et des dirigeants des sociétés. Les conditions de travail et le suivi des pratiques sont des sujets délicats. Le travail est épuisant car les journées de travail de travail sont longues (12-14 heures ou plus), avec des faibles rémunérations, souvent insuffisants pour couvrir les besoins fondamentaux de subsistance pour une famille.
La culture de la banane dans les milieux conventionnels s’opère dans des conditions précaires :
- Licenciements sans aucune sécurité sociale ou d’indemnité;
- Usage intensif de produits agrochimiques qui nuisent à la santé des travailleurs et à l'environnement;
- Manque d'attention et les installations médicales;
- Manque de possibilités d'éducation;
- Mauvaise application des principes démocratiques au sein des syndicats des agents en activité à petite échelle.
Ces traitements étaient monnaie courante dans l'industrie de la banane en Équateur. Simultanément, de nombreuses questions sont soulevées face à cette situation. Plusieurs affirment que le monopole de la culture, les salaires dérisoires versés aux travailleurs, les fluctuations incessantes des prix ont été arrangées à la convenance de larges entreprises. Malheureusement, ces mêmes conditions sont le lot de nombreux problèmes pour des milliers d’équatorien. Les mauvaises pratiques et les nombreuses critiques ont forcé le gouvernement à intervenir. Sous l’œil attentif de la communauté internationale et de la société civile, le gouvernement équatorien annonce la mise en vigueur de plusieurs lois et règlements visant à accroître la surveillance dans le secteur de la banane au pays.
En 1997, le gouvernement équatorien d'alors promulgue dans le cadre de sa stratégie des règlements et des lois sont appliquées pour améliorer et contrôler la production et la commercialisation de l’industrie de la banane d’exportation. Un prix minimal force les entreprises à payer les travailleurs un salaire décent, bien que les syndicats et les coopératives émergentes revendiquent ces offres, lesquelles sont considérées insuffisantes. Plusieurs dispositions du projet de réglementation élaboré par le gouvernement ne répondent toujours pas aux besoins des coopératives et des syndicats de travailleurs. Malgré les disparités qui séparent la réalité des agriculteurs et la bureaucratie, la communauté internationale voit d’un meilleur œil ces progrès, considérés comme un signe démontrant la bonne volonté politique à « faire le ménage » dans l’industrie de la banane. Plusieurs organisations en Équateur sont d’avis que le secteur de la banane doit évoluer vers une industrie durable et socialement responsable.

Une nouvelle initiative pour un « Nouveau Monde »
Suite à ces évènements, de nombreuses initiatives sont nées. Plusieurs petits producteurs sont à la recherche d'alternatives pour un commerce différent. De nouvelles idéologies circulent et certains types de production ont le vent dans les voiles. Les producteurs veulent avant tout travailler dans de bonnes conditions de travail. Plusieurs d’entre eux voix dans la philosophie du commerce équitable et du marché biologique une réponse intéressante à beaucoup de leurs problèmes. C’est dans ce même état d’esprit que des petits producteurs de bananes fondent la coopérative Nuevo Mundo. Les membres de NM mettront peu de temps à modifier leurs pratiques agricoles. Ils obtiennent la certification biologique. Quelques temps plus, Nuevo Mundo vent également ses bananes comme étant certifiées équitables, une valeur ajoutée pour la coopérative.
Joindre ses forces
Nuevo Mundo est situé dans le district de Machala, dans le sud de l'Équateur. La coopérative représente 52 petits agriculteurs et leurs familles. Chaque membre cultive en moyenne de 1 à 10 hectares de bananes biologiques. En 2007, l’entreprise québécoise EquiCosta prête main-forte à Nuevo Mundo. Ensemble, ils établissent un partenariat commercial afin de promouvoir et vendre leurs bananes Certifiées Équitables et biologiques au Canada. Les conditions de vente sont une opportunité en or pour les producteurs. Les bananes de Nuevo Mundo font leur entrée sur les tablettes du marché canadien la même année via un commerce équitable qui promeut un prix juste aux producteurs, lesquels sont organisés en une structure démocratique. Quelques années se sont déjà écoulées depuis l’adoption de nouvelles pratiques agricoles. Aujourd’hui, les résultats sont probants : ils se voient et se goûtent. Les bananes de Nuevo Mundo sont délicieuses, biologiques… et équitables ! Les consommateurs ont fait leur choix ! Ces bananes Certifiées Équitables connaissent une croissance importante des ventes sur le marché canadien. Cette nouvelle relation entre les consommateurs canadiens et les agriculteurs de Nuevo Mundo est le début d’une belle histoire…
Impacts du commerce équitable
Aux dires des travailleurs membres de Nuevo Mundo, les améliorations sont notables à plusieurs niveaux : bonnes pratiques démocratiques, régulation dans le milieu de travail, projets sociaux, etc. La plupart des projets sont axés sur l'éducation, la santé et l'infrastructure d'entreprise. Voici quelques exemples d’initiatives développées par les membres de Nuevo Mundo.
- Les membres organisent des réunions mensuelles pour discuter des principaux problèmes de la coopérative, le commerce équitable, la distribution de la prime sociale, etc. Ces discussions figurent fréquemment à l'ordre du jour de ces rencontres car « elles sont nécessaires pour créer un environnement démocratique et une bonne entente entre les membres »;
- Financer l’installation d'emballage et la rénovation des installations existantes. Ces stations augmentent la productivité et répondent aux critères pour de bonnes conditions de travail;
- Construction des installations sanitaires, particulièrement dans les champs (plantations) pour les travailleurs;
- Construction d’un système de vidange dans les plantations;
- Offrir une assurance vie pour leurs membres et des travailleurs;
- Couvrir les frais de scolarité pour les enfants de leurs membres;
- Soins médicaux à leurs employés et les membres.
