RESTONS SOLIDAIRES : L’ÉTAT DE LA SITUATION DU COVID-19

Fairtrade recueille des mises à jour du monde entier sur la façon dont COVID-19 affecte les organisations de productrices et producteurs, les agricultrices et agriculteurs familiaux, et les travailleuses et travailleurs.

La perte de moyens de subsistance et le risque de chômage pour les agricultrices et les travailleurs s’aggravent dans le Sud global. Les agricultrices et les travailleurs font déjà partie des personnes les plus pauvres au monde, vivant dans des communautés avec des filets de sauvetage faibles ou inexistants. Cette crise montre le rôle essentiel des entreprises et des détaillantes et détaillants pour soutenir la sécurité alimentaire et assurer la résilience à long terme de nos chaînes d’approvisionnement.

Les défis du transport sont au premier plan. Il y a de plus en plus de rapports sur l’impact des restrictions de mouvement sur le transport et l’exportation de marchandises, y compris les pénuries signalées dans les usines d’emballages, les chauffeuses et chauffeurs de transport, les fermetures de marchés/enchères et les retards d’expédition/de fret, la pénurie de conteneurs d’expédition et les difficultés à sécuriser les vols de fret. Dans certains pays, ces défis touchent déjà les productrices et producteurs au niveau de l’exploitation, où ils cherchent à transformer et à commercialiser leurs produits ou à recevoir les articles nécessaires tels que les engrais, les semences ou même les denrées alimentaires.

Bien que les perspectives des agricultrices et travailleurs et des entreprises continuent d’évoluer, Fairtrade estime qu’il est crucial de prendre des mesures dès maintenant pour garantir des moyens de subsistance durables et les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Les gouvernements, les détaillantes et détaillants, les commerçantes et commerçants et le public consommateur doivent travailler ensemble pour protéger les emplois et les moyens de subsistance pendant cette période et au-delà.

Mises à jour par produit

Cacao

L’impact de COVID-19 sur les productrices et producteurs de cacao commence à se faire sentir dans toutes les origines de l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique centrale/du Sud et les Caraïbes, avec l’une des principales préoccupations étant la baisse continue du prix du cacao, d’environ 25 %. Les revenus du cacao du Ghana devraient connaître un déficit de 1 milliard de dollars (liens en anglais), ce qui affectera l’ensemble du secteur.

Comme pour les autres produits, le transport et l’exportation du cacao deviendront probablement de plus en plus difficiles en raison de la fermeture des frontières.

Le risque pour la santé des communautés de productrices et producteurs de cacao est de plus en plus préoccupant, car ils connaissent un taux élevé de conditions de santé préexistantes qui est dû à la pauvreté et à une mauvaise nutrition ainsi qu’à un manque de soins de santé adéquats, ce qui suscite une inquiétude croissante.

Café

L’impact actuel sur le secteur du café varie en fonction de la saison de récolte du pays d’origine. Le café d’Amérique centrale et du Mexique a déjà été récolté, mais environ 60 % de la récolte de café Fairtrade du Pérou, de la Colombie et du Brésil a lieu entre avril et août. Si les restrictions de mouvement persistent et que les agricultrices et les travailleurs n’ont pas accès aux plantations de café, la production de café pourrait être difficile.

L’impact sur les productrices et producteurs de café du Sud-est de l’Asie varie, mais on s’attend à ce que les impacts soient de plus en plus ressentis à mesure que les fermetures de frontières affectent le transport/l’exportation et que le ralentissement économique mondial ralentit les prix.

Il existe un risque sanitaire élevé perçu de COVID-19 dans les communautés d’agricultrices et d’agriculteurs de café, car la majorité des agricultrices et agriculteurs de café vivent dans des régions éloignées avec un accès limité aux établissements de santé.

Bananes

Bien que le secteur de la banane n’a jusqu’à présent pas été affecté par l’épidémie de COVID-19, l’augmentation des mesures d’état d’urgence dans les pays d’origine et les problèmes de logistique/transport signifient qu’il est probable que des impacts commenceront à se faire sentir à mesure que le virus se propage et que les mesures d’état d’urgence continuent.

En République Dominicaine, les travailleuses et travailleurs migrants haïtiens qui ne peuvent pas rentrer chez eux, en raison de la fermeture des frontières, ne sont pas en mesure de demander une aide gouvernementale car plusieurs d’entre eux ne disposent pas des documents nécessaires. Les organisations certifiées Fairtrade prennent des mesures pour soutenir les travailleuses et travailleurs migrants abandonnés, notamment en organisant des dons de nourriture.

Fleurs

L’industrie florale de toutes origines, y compris le Kenya, l’Ouganda, l’Éthiopie et l’Équateur, continue d’être gravement touchée par l‘apparition de la pandémie de COVID-19, avec des pertes d’emplois généralisées et une réduction du nombre de travailleuses et travailleurs employés dans des exploitations agricoles ne pouvant maintenir qu’une activité minimale. Le fret aérien devient un problème croissant, et de nombreuses exploitations demandent de l’aide à leurs clientes et clients pour accéder aux vols de fret vers l’Europe.

Au Kenya, l’Association des employeurs agricoles (AEA) et l’Organisation centrale des syndicats (Cotu) ont accepté de renvoyer chez eux 50 000 travailleuses et travailleurs sans paiement. Plusieurs exploitations restent ouvertes, mais avec une capacité limitée et seulement une main-d’œuvre squelette sur une base de rotation (c’est-à-dire que la main-d’œuvre a été divisée en deux groupes, avec des exploitations qui paient les travailleuses et travailleurs 50 %). Les exploitations agricoles estiment qu’elles ne pourront maintenir la situation actuelle de ventes fortement réduites que pendant environ deux mois.

Au moins huit des fermes certifiées Fairtrade ont utilisé la flexibilité accrue des règlements de la prime équitable Fairtrade pour utiliser l’argent pour distribuer des emballages alimentaires et des désinfectants indispensables, et certaines sont même en train de perfectionner des travailleuses et travailleurs licenciés grâce à des cours de couture financés par la prime équitable pour créer des masques pour le visage pour les travailleuses et travailleurs. Environ 20 000 travailleuses et travailleurs dans les exploitations Fairtrade travaillent présentement en rotation et sont rémunérés à demi-salaire, dans le but de fournir une sécurité financière et une certaine stabilité jusqu’à ce que les opérations complètes puissent reprendre.

Thé

Le secteur du thé a été gravement touché par la pandémie de COVID-19. Les impacts ont été ressentis très tôt et s’intensifient avec l’annulation des commandes, des contrats d’expédition et des délais importants dans les expéditions dans le monde entier. Certaines des principales ventes aux enchères d’achat de thé ont été suspendues et/ou reportées. D’autres sont passés en ligne.

Jusqu’à présent, les impacts semblent avoir été les plus aigus en Asie, et particulièrement dans le nord-est de l’Inde, où il s’agit actuellement de la saison de récolte maximale. Cependant, l’augmentation des mesures de précaution et les fermetures dans les pays producteurs d’Afrique de l’Est, dont le Kenya, l’Ouganda et le Malawi, devrait accroître les problèmes.

Jusqu’à présent, la réponse à la crise sanitaire a varié entre les gouvernements nationaux et les États. Par conséquent, certaines productrices et producteurs ont déjà utilisé la flexibilité autorisée dans l’utilisation de la prime équitable Fairtrade pour acheter des masques et des désinfectants et, dans certains cas, pour distribuer de l’argent comptant ou fournir des produits alimentaires aux travailleuses et travailleurs.

Sucre

Comme pour les autres produits, le secteur du sucre commence à subir les effets de COVID-19 avec les mesures d’état d’urgence et les restrictions de mouvement limitant l’offre de main-d’œuvre et les opérations agricoles et de transformation, tandis que la fermeture des frontières et les restrictions à l’exportation posent également des problèmes importants à certaines productrices et producteurs. L’impact immédiat est ressenti plus fortement par ceux qui sont en saison de récolte, comme le Malawi, car il n’est pas certain que la récolte puisse commencer.

Avec la propagation de COVID-19 aux Philippines, il existe une incertitude, particulièrement pour les secteurs vulnérables – l’insécurité alimentaire et la pauvreté sont plus graves parmi les groupes marginalisés urbains et ruraux, y compris les femmes et les jeunes. Alors que certaines productrices et producteurs à petite échelle ont soutenu leurs agricultrices et agriculteurs grâce à des crédits monétaires et la distribution de provisions, il existe des productrices et producteurs à petite échelle avec des ventes limitées et un manque de ressources pour soutenir ses membres.

Coton

Le coton est entre les saisons de récolte, donc les productrices et producteurs ont pour la plupart vendu 80 à 90 pour cent du coton de la dernière saison. De plus, 50 à 75 pour cent de l’égrenage est achevé et environ 25 à 50 pour cent du coton (brut ou égrené) appartient toujours aux productrices et producteurs ou aux unités d’égrenage. Lorsque le marché ouvrira à un prix inférieur, ce qui est probable, les agricultrices et agriculteurs seront très susceptibles de voir leurs revenus affectés. Le secteur est également touché par la fermeture des usines d’égrenage et des filatures en raison de divers états d’urgence, entraînant une nouvelle perte de moyens de subsistance pour le secteur. Les semis de la nouvelle récolte commencent généralement en mai, mais cela sera affecté par le retard dans l’approvisionnement en semences, car celles-ci sont généralement distribuées à la fin avril.

Vin

L’Afrique du Sud est le plus grand fournisseur de vin certifié Fairtrade au monde, et l’industrie est la deuxième plus grosse industrie d’exportation agricole du pays.

En réponse à une augmentation du taux d’infections de COVID-19, le gouvernement de l’Afrique du Sud a introduit un état d’urgence à l’échelle du pays le 27 mars, qui comprenait une interdiction sur l’exportation de vins de l’Afrique du Sud et sur la vente d’alcool à travers tout le pays. Les travailleuses et travailleurs ont cependant été exemptés de restrictions et les exploitations agricoles peuvent continuer à fonctionner en respectant les mesures de sécurité et de santé. Le gouvernement de l’Afrique du sud a brièvement levé l’interdiction le 7 avril, mais a annoncé le 16 avril l’arrêt des exportations et des dégustations de vin.

L’impact de cette interdiction pose d’importants défis aux productrices et aux producteurs. Il y a 40 000 personnes et familles employées dans des exploitations agricoles de l’Afrique du sud. Bien que les travailleuses et travailleurs soient exemptés des règlements de l’état d’urgence, l’interdiction des exportations de vin et des ventes locales signifie que la demande pour le vin produit est insuffisante. Sans ventes, plusieurs productrices et producteurs auront du mal à payer les salaires des travailleuses et travailleurs.

De quel façon le système Fairtrade soutient les agricultrices et les travailleurs

Une lettre a été envoyée par les PDG de Fairtrade aux dirigeants du G20 demandant une réponse coordonnée et efficace à l’impact de COVID-19 sur les agricultrices et les travailleurs des pays en développement. Fairtrade a exhorté les dirigeants du G20 à faire pression pour une réponse globale à la crise et à définir cinq domaines où une action est nécessaire :

  • La protection des emplois et des moyens de subsistance
  • La fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI)
  • Soutien au renforcement des soins de santé urgent
  • La nécessité de mesures économiques élargies pour soutenir les pays en développement
  • Veiller à ce que la réponse aide les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales à devenir plus durables et résilientes au changement climatique.

Les réseaux de productrices et producteurs Fairtrade, qui doivent également respecter les restrictions de mouvement dans leurs domaines respectifs, continuent de fournir un soutien et de diffuser des informations sur la santé et la sécurité des productrices et producteurs de façons créatives tels que des mémos hebdomadaires, des groupes WhatsApp, des messages textes et des mises à jour par courriel. En outre, tous les réseaux de productrices et producteurs créent des plans d’urgence et explorent des moyens de fournir un soutien technique, du marketing et du financement supplémentaire aux productrices et producteurs qu’ils soutiennent.

FLOCERT: reprise de certains audits à distance pour les organisations de productrices et producteurs

FLOCERT, le certificateur indépendant de Fairtrade, a annoncé de nouvelles procédures d’audit à compter du 22 avril 2020. FLOCERT avait suspendu tous les audits physiques (en personne) à la mi-mars en réponse à la pandémie de COVID-19.

Selon une liste de contrôle d’audit révisée et dans les mesures possibles, FLOCERT mènera à distance tout audits pour les organisations de productrices et producteurs qui étaient prévus d’ici le 30 juin. Si l’audit à distance n’est pas possible, il sera établi après le 30 juin. FLOCERT évaluera la situation mondiale plus près de cette date pour déterminer si les audits physiques peuvent reprendre. Des audits à distance pour les commerçantes et commerçants sont également en cours jusqu’au 30 juin 2020.

Plus d’informations sont disponibles sur le site Web de FLOCERT.

Restons solidaires : comment les organisations de productrices et producteurs et les coopératives soutiennent leurs membres

  • Au Ghana, des coopératives comme Asunafo North Farmers Union, West Akyem et la coopérative ABOCFA ont entrepris une série d’efforts de sensibilisation dans leurs communautés pour aider à prévenir la propagation de la maladie. Asunafo soutient un talk-show à la radio depuis deux ans et depuis la propagation du virus, ils ont commencé à sensibiliser les agricultrices et agriculteurs au COVID-19 grâce à cette émission de radio. ABOCFA a soutenu ses membres en faisant des dons de kits sanitaires tels que les savons, les désinfectants pour les mains et l’équipement sanitaires. La coopérative d’agricultrices et d’agriculteurs de West Akyem a soutenu ses membres et la communauté avec des affiches d’informations sur les mesures de prévention du coronavirus.
  • En Côte d’Ivoire, les coopératives ont également lancé des campagnes éducatives en partie avec le soutien de l’organisme national de réglementation du cacao, le Conseil Café Cacao.
  • À Madagascar, l’association Theodore Vanille a décidé d’utiliser sa prime équitable Fairtrade pour acheter et distribuer du savon pour se laver les mains à ses 83 membres et familles et aux groupes vulnérables de leur communauté qui n’ont pas les moyens d’acheter du savon. Il s’agit d’une réponse immédiate à l’appel du préfet de Sambava que les coopératives devraient participer à des campagnes de sensibilisation pour lutter contre le coronavirus.
  • Au cours des dernières semaines, Bukonzo Organic Farmers Cooperative Union Limited, producteur équitable et certifié de café biologique en Ouganda, est intervenu pour soutenir le groupe de travail du gouvernement local sur le COVID-19. La coopérative a utilisé plus de 700 euros de ses fonds de sa prime équitable Fairtrade pour acheter des produits alimentaires de base et du savon qu’elle a donné au groupe de travail pour distribuer aux membres vulnérables de la communauté. « Nous voulons faire partie des personnes qui soutiennent les personnes dans le besoin », a déclaré Josinta Kabugho, directrice générale de la coopérative. L’Union coopérative des agricultrices et agriculteurs biologiques de Bukonzo a également réservé l’équivalent de plus de 1 300 euros pour des dons monétaires aux personnels, aux travailleuses et travailleurs et aux agricultrices et agriculteurs vulnérables, y compris les personnes âgées, les veuves et les personnes handicapées. Les dons seront utilisés pour l’achat d’articles essentiels pour leurs foyers et pour de l’équipements de protection tels que des masques pour le visage et des gants.
  • Les productrices et producteurs au Pakistan ont identifiés de nouvelles mesures pour soutenir les agricultrices et travailleurs lors de l’extension de l’état d’urgence du pays jusqu’au 30 avril, alors que 11 organisations de productrices et producteurs certifiées Fairtrade (y compris le coton, le riz, les ballons de sport et les fruits secs) restent fermées. Les organisations font la promotion de la sensibilisation, de la distribution de masques, de désinfectants, de kits de secours alimentaires et sanitaires. Par exemple, Masoom Sports Foundation, un producteur de riz Fairtrade, s’est joint à son partenaire commerçant Rice Experts pour distribuer 200 kits médicaux comprenant un masque pour le visage, un désinfectant pour les mains et des gants aux familles d’agricultrices et d’agriculteurs et à la communauté en général des cinq villages adjacents. L’équipe de la Fondation Masoom s’est portée volontaire pour les livrer personnellement aux portes des agricultrices et agriculteurs et des communautés et les informer sur les mesures préventives qu’ils doivent prendre en tout moment. Les productrices et producteurs de ballons de sport Bola Gema-Pakistan, Ali Trading et Talon Sports prennent également des mesures pour protéger la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs.

L’industrie de la canne à sucre au Belize continue de fonctionner, soutenant les agricultrices et agriculteurs tout en préservant la santé

Au Belize, les agricultrices et agriculteurs continuent de récolter la canne à sucre, en s’assurant de respecter des strictes mesures de distanciation sociale et d’hygiène. Le sucre soutient les moyens de subsistance de plus de 40 000 personnes du pays et de leurs communautés.

Les trois coopératives d’agricultrices et d’agriculteurs de canne à sucre au Belize sont certifiées Fairtrade, couvrant environ 5 400 membres d’agricultrices et d’agriculteurs. Les coopératives envoient leur récolte à une usine de transformation de canne à sucre appartenant à Belize Sugar Industries Limited (BSI), un commerçant certifié Fairtrade.

BSI a également commencé la distribution de masques pour le visage fabriqués localement pour les coupeuses et coupeurs de canne, les chauffeuses et chauffeurs de camion, les agricultrices et agriculteurs et les chefs de groupe de récolte. BSI a obtenu et fourni les matériaux pour la fabrication de plus de 5 400 masques pour le visage à des groupes de femmes liés aux associations de productrices et producteurs de canne à sucre des districts d’Orange Walk et de Corozal.

Cette vidéo capture les efforts conjoints des coopératives certifiées Fairtrade et de l’industrie sucrière du Belize, et leur détermination à « continuer de croître ».

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