EN CÔTE D’IVOIRE, UNE NOUVELLE ÉTUDE DÉCOUVRE UNE HAUSSE DES REVENUS DANS LA CACAOCULTURE FAIRTRADE

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par Fanny Olhats

Gnankou Ferdine Koye, membre de la coopérative ECAKOOG depuis 2014, possède 1 hectare de terre en Côte d’Ivoire

L’enquête auprès des foyers révèle que les productrices et producteurs de cacao Fairtrade de Côte d’Ivoire ont augmenté leurs revenus de 85% au cours des dernières années et qu’une plus grande proportion d’entre eux vivent au-dessus des niveaux d’extrême pauvreté.

Un revenu vital est défini comme un revenu suffisant pour assurer un niveau de vie décent à tous les membres du foyer – y compris une alimentation nutritive, de l’eau potable, un logement décent, une éducation, des soins de santé et d’autres besoins essentiels, ainsi qu’un petit supplément pour les urgences et l’épargne – une fois les coûts agricoles couverts. Des millions de personnes qui produisent du cacao travaillent dans des conditions éprouvantes, sans pour autant bénéficier d’un revenu décent. En moyenne, les productrices.eurs de cacao ne gagnent que 6 % de la valeur finale d’une tablette de chocolat.

Lorsque les termes de l’échange ne conviennent pas aux productrices.eurs de cacao, cela exacerbe la pauvreté et contribue à perpétuer des problèmes tels que la discrimination, l’exploitation et la déforestation, ce qui menace l’avenir des communautés de cacaocultrices et l’avenir du cacao lui-même.

Fairtrade fixe des normes sociales, économiques et environnementales tant pour les entreprises que pour les agricultrices.eurs et les travailleuses.eurs. Pour les entreprises, cela inclut le paiement d’un prix équitable pour les produits, pour les agricultrices.eurs, cela inclut les droits des travailleurs et la protection de l’environnement.

 LA HAUSSE DES REVENUS PERMET AUX CACAOCULTRICES.EURS IVOIRIENNES.IENS DE SORTIR DE L’EXTRÊME PAUVRETÉ

Une comparaison des revenus des foyers des familles productrices de cacao Fairtrade en Côte d’Ivoire au cours des quatre dernières années a révélé une augmentation des revenus et une diminution de l’incidence de l’extrême pauvreté, selon une nouvelle enquête sur les revenus des foyers.

Pour sa part, la précédente étude Fairtrade sur les cacaocultrices.eurs ivoirien.ne.s publiée en 2018 a révélé que le revenu annuel moyen des foyers de cacaocultrices.eurs ivoiriennes.iens est passé de 2 670 USD en 2016/17 à 4 937 USD en 2020/21, soit une augmentation de 85 % due, en partie, à l’augmentation des revenus provenant des ventes de cacao et à la diversification par des revenus en nature et hors ferme. En outre, un nombre important de cacaocultrices.eurs sont sortis de l’extrême pauvreté, 61 % des foyers de l’étude actuelle vivant au-dessus du seuil d’extrême pauvreté, contre 42 % sur la base des données recueillies en 2016/17 et publiées en 2018.

« Cette augmentation du revenu des foyers est une bonne nouvelle pour ces foyers d’agricultrices et d’agriculteurs Fairtrade en ces temps difficiles. Cependant, beaucoup trop de foyers ne gagnent toujours pas un revenu vital, » a expliqué Jon Walker, conseiller principal de Fairtrade pour le cacao. « Avec une pression continue sur les prix, une production nationale élevée et une demande mondiale réduite, les marques et les détaillants peuvent intervenir et faire des progrès supplémentaires en matière de revenus décents grâce à des contrats à long terme, des prix stables et un soutien programmatique axé sur l’efficacité et la diversification des fermes. Il y a encore beaucoup à faire. »

L’étude comparative, menée pour le compte de Fairtrade par l’Impact Institute, a interrogé 384 agricultrices ou agriculteurs de 16 coopératives de cacao certifiées Fairtrade dans le but de mesurer les améliorations et les changements – notamment en ce qui concerne la taille des foyers, le rendement du cacao et la diversification des cultures – survenus dans les années intermédiaires depuis 2016/17.

De son côté, la précédente étude Fairtrade sur les cacaocultrices.eurs ivoiriennes.iens publiée en 2018 a abouti à l’augmentation du prix minimum équitable et de la prime équitable Fairtrade de 20 % pour le cacao conventionnel à partir d’octobre 2019. Fairtrade est le seul système de certification à avoir un prix minimum équitable obligatoire, qui sert de sécurité pour les agricultrices.eurs lorsque les prix du marché baissent, tout en leur permettant d’en bénéficier lorsque les prix augmentent.

L’IMPACT DU PRIX MINIMUM ÉQUITABLE FAIRTRADE

Pour mesurer l’impact de l’augmentation du prix minimum équitable Fairtrade, une analyse supplémentaire a été réalisée sur 482 agricultrices ou agriculteurs de 20 coopératives en 2020/2021. Selon les résultats, si les agricultrices.eurs pouvaient gagner le prix minimum équitable Fairtrade sur tous les volumes de cacao qu’ils vendent à la coopérative, cela augmenterait les revenus moyens des foyers des agricultrices.eurs de neuf pour cent. Parallèlement, les données modélisent également l’impact sur le revenu des foyers du prix-cible volontaire pour un revenu vital Fairtrade à la productivité médiane enregistrée de 500 kg par hectare et à la productivité cible de la stratégie pour un revenu décent Fairtrade de 800 kg par hectare. Dans les deux scénarios, le revenu des foyers agricoles a augmenté et pratiquement tous les foyers sont sortis de l’extrême pauvreté lorsque la combinaison du prix-cible pour un revenu vital et du rendement visé est atteinte.

Fairtrade est depuis longtemps un fervent défenseur des revenus décents pour les agricultrices.eurs et les travailleuses.eurs du monde entier. Défini comme un revenu suffisant pour offrir un niveau de vie décent à tous les membres du foyer une fois les coûts agricoles couverts, y compris une alimentation nutritive, de l’eau potable, un logement décent, une éducation, des soins de santé et d’autres besoins essentiels, Fairtrade estime que les revenus décents sont essentiels pour parvenir à des systèmes alimentaires durables qui sont plus propres, plus verts, plus justes, et qui nous maintiennent sur la voie de la réalisation des objectifs de développement durable.

« Les études montrent que le prix minimum équitable Fairtrade peut servir de filet de sécurité en période de prix bas et que les revenus des personnes qui cultivent et produisent nos biens ont augmenté au fil du temps, » poursuit M. Walker. « Nos projets pilotes sur le prix-cible pour un revenu vital devraient commencer à fournir les premiers résultats de suivi d’ici le début de 2022, fournissant un autre ensemble de données intéressantes sur l’impact de la combinaison de partenariats à long terme entre les marques ou les détaillants et les agricultrices.eurs sur le prix, l’efficacité et la diversification. Nous sommes impatients de voir les résultats. »

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